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Sandro Gozi: "Les Erasmus prennent le pouvoir"

18 maggio 2017Parole chiave: ,
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(intervista di Le Point al Sottosegretario Gozi)


Dans son ouvrage «Génération Erasmus», écrit en 2015, Sandro Gozi, alors secrétaire d'Etat aux Affaires européennes du gouvernement Renzi, dressait le portrait de cette génération de jeunes responsables politiques «spontanément européens» destinée à gouverner leur pays. Et il envisageait pour la France le nom d'un haut fonctionnaire passé parla banque avant de devenir ministre de l'Economie, un certain... Emmanuel Macron. A quelques jours de la réalisation de sa prédiction, faite en des temps non suspects, Sandro Gozi revient sur ce que l'élection du plus jeune président français représente pour la génération Erasmus.

Le Point: L'élection d'Emmanuel Macron représente-t-elle l'arrivée au pouvoir de ce que vous appelez la «génération Erasmus»?
Sandro Gozi: Absolument. Emmanuel Macron représente une génération de responsables politiques qui ont l'Europe inscrite dans leur ADN. Outre Macron, on peut citer plusieurs hommes et femmes entre 30 et 45 ans qui occupent d'importantes responsabilités, comme le Premier ministre du Luxembourg Xavier Bettel et plusieurs commissaires européens. Cette génération est «spontanément européenne» parce qu'elle a vécu dans sa peau les aspects positifs de l'Europe: être citoyen dans tout l'espace de l'Union avec les mêmes droits partout, avoir plusieurs choix dans les parcours universitaires ou professionnels. Une multiplication des droits et des opportunités. Quand on a vécu ça, il est impensable de vouloir revenir en arrière. La victoire de Macron impose à ces responsables politiques de nouvelles responsabilités. Tous ceux qui ont beaucoup reçu de l'Europe doivent lui rendre, aujourd'hui, ce qu'ils en ont reçu. Ils doivent avoir le courage de se battre contre ceux qui veulent détruire l'Union. C'est le sens du combat de Macron contre Marine Le Pen et de la bataille que nous devons mener en Italie contre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue du Nord. Emmanuel Macron ne peut pas concevoir la France hors de l'Europe. Il croit en une France forte pour changer l'Europe, parce que pour sauver l'Europe il va falloir la changer.

Est-ce parce que ces nouveaux responsables sont entrés en politique après la fin des idéologies qu'ils peuvent inventer une politique différente?
Oui, ils se sont libérés du poids d'idéologies du passé qui ne répondent plus aux problèmes des sociétés aujourd'hui. Les nouveaux clivages opposent une société repliée sur elle-même et fermée sur ses propres frontières et une société ouverte; une société éloignée des réalités mondiales, arc-boutée sur le protectionnisme, et une société capable de gouverner la globalisation pour sauvegarder ses valeurs; une société prisonnière des microcosmes politiques nationaux et une société capable de bâtir une démocratie transnationale. La proposition d'Emmanuel Macron d'assigner les 73 sièges des députés européensbritanniqueslaissésvacants par le Brexit à une circonscription transnationale offre une vision alternative pour la construction d'une vraie démocratie européenne, fondée sur des partis transnationaux. C'était déjà une idée d'Altiero Spinelli! Certains veulent élever les frontières pour fermer nos pays au reste du monde, mais les murs ne font pas que protéger, ils enferment. Les progressistes aiment leur pays, mais ils savent qu'il n'y a pas de patrie nationale sans patrie européenne.

Cette génération Erasmus ne risque-t-elle pas d'être perçue comme une «génération bobo»?
C'est le coeur du problème. C'est pour ça qu'il faut travailler pour une nouvelle protection sociale et veiller à ce que les exclus des banlieues et des territoires défavorisés et la jeunesse qui a une faible éducation aient l'opportunité d'exprimer leurs talents. Il faut inventer de nouveaux outils qui mettent la culture et l'éducation au centre de nos actions.

Vous évoquez l'attentat terroriste contre le Bataclan comme une attaque contre la génération Erasmus. Pourquoi?
Mon livre commence par l'évocation du 49, boulevard Voltaire, à un numéro du Bataclan, un appartement où j'ai vécu à Paris. Lors de l'attaque au Bataclan, je me suis senti violé par des — tant pis si le terme n'est pas politiquement correct—nazis islamistes qui s'en prenaient à ma génération, la génération Erasmus. Une génération de personnes libres, aimant le dialogue entre les peuples, aimant la musique, aimant être ensemble. Le Bataclan est le Verdun de ma génération. Pour moi, il y a un avant et un après-Bataclan.

Vous discernez trois générations parmi les hommes et les femmes qui ont fait l'Europe...
Il y a d'abord eu la génération des pères fondateurs, qui a vécu dans sa chair l'Europe sans l'Union. Un monde marqué par les guerres et par Auschwitz. Ils ont clairement compris la nécessité de s'engager dans le projet politique de l'Union. La seconde génération, ou « génération du milieu », n'a pas vécu l'Europe sans Union. Avec la paix, elle a bénéficié de la clairvoyance de ses aînés, mais sans connaître les autres bénéfices de l'Europe. Pour elle, l'Union était une option politique parmi les autres. Ma génération, qui a vécu l'Europe en positif, ne peut en revanche pas concevoir de mettre en conflit son pays et l'Union. L'Europe est son terrain de jeu. Sortir de l'Europe n'a pas de sens pour elle, ce serait comme devoir choisir entre deux membres de sa famille. Pour faire face au terrorisme, à l'immigration, au changement climatique, pour gouverner la finance internationale, il faut la dimension européenne. Cette prise de conscience culturelle nous a permis d'acquérir une dimension sociologique et culturelle double: nationale et européenne. Nous sommes au pouvoir et nous n'avons plus d'excuses. Nous devrons savoir démontrer que nous avons la capacité de faire naître une Europe de la défense, une Europe sociale et de la citoyenneté démocratique.

Votre parti, le Parti démocrate, vient de remplacer, dans sa direction nationale, quatre quinquagénaires par quatre responsables âgés de 19 à 36 ans. Ne risque-t-on pas de tomber dans un jeunisme exacerbé?
Au côté de Matteo Renzi, nous sommes entrés en politique avec le thème de la rottamazione, « envoyer le vieux à la casse », en français. Quelqu'un voudra utiliser un jour la rottamazione contre nous, c'est naturel. Nous devons rétablir un dialogue avec la jeunesse, que nous avions un peu perdu, et créer les conditions pour être, à notre tour, envoyés à la casse. La rottamazione ne se joue toutefois pas uniquement sur la carte d'identité, mais également sur les compétences. Ce sont les incompétents qu'il faut «rottamer». Le message de compétence qu'a envoyé Macron doit nous faire réfléchir. En Italie, le Mouvement 5 étoiles prêche la rottamazione, mais propose d'installer l'incompétence au pouvoir. Il faut avoir l'audace de réduire le nombre de cons au pouvoir.

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